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Portrait de marque #4

Rencontre avec Atelier Iceberg

Aujourd’hui, nous partons à la rencontre de Noémie, créatrice d’Atelier Iceberg. Une entreprise à taille humaine située à Roubaix, dans les Hauts-de-France. Au sein de son atelier, Noémie fabrique artisanalement des savons solides saponifiés à froid et des infusions naturelles. Des produits bio et vegan fabriqués avec une approche réfléchie, profondément respectueuse de la terre et des êtres vivants ! 

1. Raconte-nous un peu qui tu es, ton parcours, ce qui t’a fait arriver là…  ?

Beaucoup de choses 😉 ! Je m’appelle Noémie et j’ai 38 ans. Mes parents sont chimistes et ma mère nous a toujours appris à nous soigner avec de l’homéopathie, des plantes…etc. Depuis toute petite, j’ai été sensibilisée à l’écologie ! Le goût pour la nature m’est venu de mon éducation car j’ai vraiment grandi là-dedans.

Au départ, j’étais encadreuse d’art ! J’ai fait des études d’art à Lille, puis j’ai eu envie de changer car c’est un peu bouché même si c’est une passion ! Donc j’ai repris des études en commerce international et je suis partie vivre en Angleterre. Je travaillais dans la logistique, et l’écolo qui sommeillait en moi n’a pas supporté ce secteur très longtemps ;-). Le fret aérien, les inepties autour de la TVA et les voyages (parfois) inutiles… c’était définitivement pas pour moi.

Et à la fois, cette expérience m’a donné envie d’agir ! Mon passage à Bristol en Angleterre m’a beaucoup inspiré : là-bas, c’est bouillonnant d’idées et d’initiatives. Qu’elles soient zéro déchet, vegan, bio ou même artistiques, tout le monde met des choses en place, même à petit niveau ! Alors je me suis dit « Pourquoi je reste là à attendre que les autres fassent alors que je peux me bouger moi ? ». Je suis rentrée en France et j’ai repris des études de naturopathie : ce que j’avais toujours voulu faire, finalement.

Après m’être formée en naturopathie et en diététique, je me suis spécialisée en aromathérapie et en phytothérapie… tout ce qui tourne autour des plantes 😉 ! Et finalement, je sentais que les consultations, ce n’était pas vraiment fait pour moi. En parallèle, mon fils est né et je me suis mise à fabriquer pas mal de cosmétiques maison pour lui : liniment, savons… Les étiquettes des produits d’hygiène traditionnels me paraissaient beaucoup trop compliquées, je n’avais pas confiance et surtout, je passais toujours 3h dans les magasins à essayer de choisir les bons produits.

A ce moment-là, je me suis dit « pourquoi ne pas faire pour les autres ce que je fais pour mon fils ? ». C’est-à-dire, proposer des produits cleans avec lesquels on ne se prend pas la tête à lire des étiquettes incompréhensibles ! Articuler ce projet autour de la naturopathie, c’était une évidence pour moi : fabriquer des savons et des infusions qui ont une action à l’intérieur et à l’extérieur du corps. Avec Atelier Iceberg, je veux apporter des petites solutions pour se sentir bien dans son corps.

2. L’entreprenariat, c’était une évidence pour toi ? Pourquoi ?

Je savais qu’un jour, j’allais monter une boîte ! Je ne savais pas dans quel secteur car j’ai tendance à m’intéresser à beaucoup de choses, mais j’en étais convaincue. Je m’ennuie vite et j’aime quand il y a plein de choses à faire, des nouveautés à lancer, des solutions à trouver… il faut que ça bouge autour de moi !

Au final, je suis très heureuse de m’être lancée : il n’y a pas une journée qui se ressemble, tous les jours j’ai des nouveaux défis à relever ! J’aime résoudre les problèmes, et croyez-moi, quand on est entrepreneur, il faut aimer ça 😉 ! Du coup, ce mode de vie me correspond plutôt bien.

La gestion entre la vie professionnelle et personnelle n’est pas si simple, surtout en ce moment mais c’est passager ! Je fais tout toute seule dans mon atelier. Quand on est entrepreneur et qu’on est tout seul, il ne faut pas compter ses heures…

3. Pourquoi ce nom « Atelier Iceberg » ?

Ayant grandi dans les années 80/90, les premières images que j’ai pu voir du réchauffement climatique, c’est la banquise qui fond. Alors, pour moi, l’iceberg est vraiment un symbole du dérèglement climatique ! C’est très visuel : avec la banquise qui fond, on comprend tout de suite qu’il y a un problème. Alors moi, j’essaie d’apporter ma contribution à tout cela, même si je sais bien que je ne vais pas sauver la planète avec des savons ;-).

L’iceberg me rappelle aussi notre peau. En effet, la peau est le reflet de notre santé, celle qui est à l’intérieur de notre corps. C’est la partie émergée de l’iceberg !

Souvent, quand on pense « savon », on pense « savon de marseille », « savon d’alep »… que des produits du Sud ! Et qui sont fabriqués avec le processus de saponification à chaud. Moi qui suis une fille du Nord, j’avais envie de mettre en avant ce côté de ma personnalité et surtout, mes savons sont saponifiés à froid.

4. D’ailleurs, en parlant de saponification à froid, tu peux nous expliquer concrètement ce que c’est ?

Avec la saponification à froid, on a juste besoin de faire fondre les beurres avec les huiles à maximum 50 degrés. On ne dépasse pas cette température, sinon les huiles sont dénaturées. Ce processus demande moins de matériel et de ressources énergétiques qu’avec la saponification à chaud qui demande de faire chauffer le savon durant 24h.

De plus, le procédé de saponification à froid donne des savons surgras ! Puisqu’il y a plus d’huile que ce que la soude « mange », il reste toujours un peu d’huile qui ne sera pas transformée. Tandis qu’à chaud, il reste toujours un surplus de soude. Celle-ci est lavée et fini donc dans les tuyaux #pastresecolo ! Ce relargage de soude n’est pas présent dans la saponification à froid. On obtient donc des savons qui sont bons pour nous et pour la planète.

5. Si on schématise, quelles sont les grandes étapes de la fabrication d’un savon à froid ?

C’est très simple : on fond les matières grasses, on mélange avec les autres ingrédients et on moule ! Puis, je sèche le tout dans mes placards : la réaction est exothermique. Cela veut dire qu’elle monte en température toute seule, naturellement… il faut juste patienter un peu. La saponification à froid demande très peu de matériel et d’électricité : des plaques de cuisson et un mixeur à soupe 😉 !

1. Je prépare les plantes moi-même : macérats, poudres, lait d’avoine, Aloe Vera… Cela demande d’anticiper énormément et de faire beaucoup de préparation à l’avance.

2. Une fois que c’est fait, je fonds les beurres et les huiles ensemble. Puis, je prépare ma lessive de soude, je mélange, j’ajoute les plantes… et je verse tout ça dans un moule !

3. J’attends 24h à 48h avant de démouler et de découper les savons. Je les tamponne avec mon empreinte : l’iceberg ! Puis, je les glisse dans mes placards de cure pendant 4 à 6 semaines.

Plus les savons reposent longtemps, mieux c’est ! Cela permet de les rendre plus durs, qu’ils moussent mieux et durent plus longtemps. Tout l’équilibre qu’il y a entre les huiles, les poudres, les beurres… va aussi déterminer le savon, c’est un bon dosage à penser en amont. J’ai mis 1 an et demi à trouver le bon équilibre entre mes ingrédients pour obtenir un savon qui me plaisait.

Mon but, c’est aussi d’aider les gens à faire leur transition. La douche, c’est un moment de bien-être agréable, il ne faut pas que le savon solide change ça ! Pour qu’un plus grand nombre de gens passent au savon plus écologique, il faut que celui-ci ait de bonnes propriétés moussantes, une odeur agréable…etc. Je veux pousser les gens à adopter le savon solide, mais surtout à y rester ! Je ne veux pas qu’ils restent sur une mauvaise expérience.

6. Peux-tu nous en dire plus sur les réglementations et les éco-labels applicables sur tes savons ?

Toutes mes formules sont validées par une toxicologue. Elle se charge de valider chacune de mes formules pour qu’il n’y ait aucun danger pour les clients. C’est également elle qui gère l’étiquetage de mes savons car il y a beaucoup de choses obligatoires, comme la liste des ingrédients INCI par exemple.

Aujourd’hui, je n’ai de label « bio » à proprement parler, alors que tous mes produits le sont ! Se faire certifier par un éco-label, c’est beaucoup de démarches et surtout, c’est un coût non négligeable. Pour des petites entreprises comme la mienne, ce n’est pas viable…
Néanmoins, j’aimerai entamer des démarches pour être certifiée « Nature & Progrès », un label bien plus exigeant que le label bio, et beaucoup plus en phase avec mes valeurs.

Certains ingrédients ont la mention Ecocert mais seulement pour la vitamine E et les argiles. Les autres ingrédients sont labellisés bio et certains Demeter (le label bio le plus exigeant qui existe). Au final, tous mes ingrédients sont certifiés, sauf l’eau et la spiruline qui en tant qu’algue ne peut pas l’être.

7. Et dis-nous… tu as des projets sur le feu ? Quelles sont tes prochaines étapes ?

A la rentrée prochaine, j’aimerai développer des ateliers et des conférences pour apprendre à faire des savons, faire des initiations à l’aromathérapie, la phytothérapie, lithothérapie ou encore autour du zéro déchet. Peut-être dans le lieu de vie de l’Alternative par exemple 😉 !

8. Comment tes clients accueillent les produits ? Un témoignage qui t’a marqué peut-être ?

J’ai de très bons retours sur mes formulations, et ça c’est vraiment génial. Beaucoup de personnes sont venues me voir pour des problèmes d’eczéma. Et juste avec mes savons, ils ont réussi à résoudre ce soucis de peau en quelques semaines ! Véridique 🙂 !

Je me souviens d’une dame qui avait de l’eczéma depuis 3 ans, elle ne sortait même plus de chez elle car elle en avait également sur le visage. En changeant ses habitudes d’hygiène et en intégrant mon savon « Amsterdam » dans sa routine, elle a pu voir de nettes améliorations.

J’ai aussi de très bons retours avec mon savon « Reykjavik ». Mon but étant d’aider les gens, lorsque ça marche, je suis fière de mon travail ! Je me sens utile et j’ai l’impression de faire quelque chose qui a du sens.

9. Quel est le lien entre les noms de ville et tes savons ?

Lorsque j’ai mis au point les formulations de mes savons, ça n’a pas été évident de leur trouver un nom. J’ai fait appel à mon entourage et à ma famille pour m’aider car je voulais aussi que les gens que j’aime participent à mon projet. Et c’est là que mon frère a eu une idée géniale : choisir des noms de ville qui se développent durablement !

Chacun de mes savons a donc un nom de ville durable. Villes qui, selon moi, sont de véritables exemples. L’idée, c’était surtout de ne pas être moralisateur sur le rapport à l’écologie et au zéro déchet. Je voulais vraiment leur donner un nom positif et qui donne envie.

Par exemple, mon savon vert « Växjö » à la menthe fait référence à une ville suédoise qui a été élue ville verte européenne ! Ou encore le modèle « Bahia » qui met à l’honneur une ville d’Amérique du Sud dévastée par un séisme il y a 40 ans de ça. Cette ville s’est entièrement reconstruite sur un modèle 100% vert et durable. Ils ont réussi à faire quelque chose d’hyper positif à partir d’un évènement traumatisant…

Ces noms me correspondent bien : ils sont en accord avec ma démarche globale de donner envie aux gens de faire quelque chose pour l’environnement. Il fallait que ces noms soient positifs, loin des injonctions quotidiennes du type « Il faut faire comme ça » ou « c’est pas bien de faire ça » ! Les gens n’en peuvent plus qu’on leur dise quoi faire de façon négative et moralisatrice. Je suis convaincue qu’il faut faire rêver les gens pour leur donner envie.

10. Aujourd’hui entre ton idée initiale et la réalisation concrète d’Atelier Iceberg, es-tu satisfaite ?

J’ai mis 2 ans et demi à monter le projet d’Atelier Iceberg ! Je suis très contente de ce que j’ai réussi à faire, mais il faut avouer que j’aurai aimé avoir développé plus de produits : déodorants, shampoings, baumes pour les lèvres… L’année 2020 m’a beaucoup freiné avec la crise sanitaire. Je devais lancer Atelier Iceberg la première semaine du confinement ! Finalement, j’ai officialisé mon projet en mai dernier.

Durant deux ans, j’ai travaillé à 100% sur mon projet : j’ai été suivie par la BGE et j’ai ainsi travaillé toute la partie en amont (création du site internet, aller chercher un crédit à la banque, mettre au point mes formulations, trouver mes fournisseurs…etc). Avant le lancement, il y a énormément de travail invisible… et cela prend beaucoup de temps.

11. Qu’est-ce que tu conseillerais à ceux qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Il faut croire en ce qu’on fait ! Si on se met des barrières, on ne fait jamais rien. Même si se lancer peut paraître compliqué, que les obstacles semblent insurmontables, il faut foncer et être un peu fou 😉 ! De toute façon, des obstacles il y en aura toujours. Ce qui compte, c’est de les dépasser et de trouver des solutions !

Si on veut que tout soit propice, que ce soit vraiment « le bon moment », on ne se lance pas (ou lentement). Lorsque j’ai lancé Atelier Iceberg, ma situation personnelle était vraiment complexe. Ce n’était certainement pas le meilleur moment pour créer ma boîte, et pourtant j’y suis allé. Alors parfois, il ne faut pas trop réfléchir… et foncer. Sortir de sa zone de confort quand on entreprend, c’est très important ! Surtout avec le Covid : il faut rester positif :-).

12. Et se lancer SEUL dans l’entrepreneuriat, c’est compliqué ?

Être tout seul c’est sûr que ce n’est pas évident : tu ne peux te reposer que sur toi-même. C’est aussi pour cela que j’ai fait le choix d’installer mon atelier au sein d’un lieu collectif avec des artistes locaux. Cela me permet d’échanger avec d’autres gens, et surtout, avec des gens qui font un métier complètement différent du mien ! Les artistes avec qui je partage les locaux ont une autre façon de voir les choses que moi : ils ont une vision très créative des problèmes et des solutions. Echanger avec eux me permet de m’enrichir quotidiennement.

Aujourd’hui je pense que j’ai vraiment trouvé MON truc ! Je suis passionnée par ce que je fais. Quand j’étais salariée, j’étais contente d’aller travailler, mais il y avait des limites. Je faisais tous les jours la même chose, je ne pouvais pas être force de proposition, j’avais le sentiment que je ne pouvais pas faire bouger les choses… Avec Atelier Iceberg, je peux tous les jours changer de direction et me réinventer. J’avance à mon rythme et en plus de ça, je m’éclate !

13. Aujourd’hui, tes savons sont revendus dans plusieurs boutiques en France. Ces revendeurs, tu les sélectionnes selon certains critères ?

Absolument ! Il faut que mes revendeurs aient les mêmes valeurs que moi, la même optique… sinon ça ne peut pas marcher. Je suis principalement vendue dans des petites épiceries de vrac indépendantes, ou chez des personnes que je connais. J’aime avoir un lien particulier avec les revendeurs : on bosse ensemble, main dans la main. Si le côté humain n’est pas présent, je ne suis pas intéressée.

La seule exception que j’ai faite jusqu’à présent c’est avec un magasin Leclerc. C’était l’année dernière durant la crise sanitaire, le groupe m’a proposé d’être vendu sous couvert de l’opération « Les Alliances Locales ». Cela avait du sens pour moi puisque ce magasin est à 500m de mon atelier : on reste dans de l’ultra local !

14. Comment on peut faciliter une transition vers un mode de vie plus green selon toi ?

Avant toute chose, je suis convaincue qu’il faut déculpabiliser les gens ! Quand on entend « zéro déchet », on entend seulement le mot « zéro ». De ce fait, ils on a tendance à oublier que le zéro est inatteignable (même Béa Johnson finit l’année avec un bocal ;-)).

On a tous des plaisirs coupables après tout ! Si dans l’année on fait « un écart », il faut plutôt regarder les 364 autres jours où on a fait de supers efforts. La transition doit être vivable sur le long terme. Il vaut mieux avoir des petites soupapes de temps en temps mais être sur la durée ! J’aime le fait de penser qu’il « vaut mieux un milliard de personnes imparfaites qu’une poignée de gens parfaits ».

Pour passer au zéro déchet, il faut y aller progressivement, step by step. Les personnes qui se mettent au zéro déchet du jour au lendemain ont souvent une mauvaise expérience ! Les nouvelles habitudes doivent s’ancrer dans le quotidien les unes après les autres. Cela peut prendre 3 à 4 ans, tout dépend de la taille du foyer. Chez moi, il y a encore plein de choses que je n’ai pas mises en place car mon fils est un peu réfractaire. Je ne veux pas l’obliger ou le forcer, sinon cela devient une contrainte. Si tout le monde n’adhère pas au sein d’une famille, il y a de fortes chances que ça capote.

Selon moi, faire entrer le dialogue autour du développement durable dans une famille… c’est déjà énorme ! De plus en plus d’enfants et d’étudiants se mettent à consommer différemment. Avec les entreprises qui se bougent et qui se créent, je suis convaincue que de bonnes pratiques entrent peu à peu dans les mœurs.

15. On dit souvent que le zéro déchet, c’est plus économique. C’est le cas pour les savons ?

Bien sûr ! La barrière du prix est importante : on pense souvent (et à tort !), qu’un savon solide coûte plus cher que le gel douche industriel. Effectivement, lorsque l’on voit qu’un savon de 100g coûte entre 5€ et 6€50, cela peut paraître excessif.

Alors j’ai pris ma calculette et j’ai étudié la question ! Par rapport au nombre de lavages que l’on peut faire et au prix qu’un savon coûte, c’est bien plus économique d’adopter le savon solide. Un foyer moyen peut réaliser une économie d’environ 76€ par an en remplaçant le gel douche traditionnel. Au final, le savon solide a tout bon : on prend soin de la planète, de notre corps, et on favorise une économie locale et solidaire ! Tout un système qui permet, en plus, de faire des économies.

16. Et pour finir, si tu devais décrire l'alternative en 3 mots ? 🙂

“Changement”, parce que le but de l’Alternative, c’est d’aider à faire une transition, de donner les solutions pour un changement qui est inévitable. Ensuite, je dirai “facile” car toutes les solutions sont là, il n’y a pas à s’embêter : vous avez fait tout le boulot ! Enfin, “vrai”, parce qu’il n’y a pas besoin de chichis quand on est vrai. Loin du greenwashing, les solutions existent, elles sont simples et chez vous, on sait que tout est vrai et choisi avec soin 🙂 !

Maintenant que vous savez (presque) tout sur Atelier Iceberg, rendez-vous sur le shop pour (re)découvrir les savons de la marque !

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